Avertissement : Compte tenu de la rapidité de diffusion de la pandémie de Covid 19 et de l’apport permanent de nouvelles données, d’études et de travaux de recherche, certaines informations  seront amenées à évoluer.

La transmission de l’infection à SARS-CoV-2 est interhumaine. Elle se fait principalement par :

  • transmission directe par les gouttelettes émises lors de la parole, la toux ou l’éternuement par une personne infectée symptomatique ou non vers une personne saine présente à une courte distance, avec risque de contamination par la muqueuse respiratoire principalement ;
  • transmission indirecte par contacts de mains souillées avec les muqueuses (bouche, nez, yeux).

En France, un recensement national a été mis en place par Santé publique France.

Du 1er mars au 4 mai, 21 142 cas ont été rapportés par 911 établissement de santé (ES) d’hospitalisation, public ou privé, répartis dans les 17 régions françaises (en ligne sur le site de SpF). Parmi les 21 142 cas, 17 951 (85%) étaient des professionnels de santé et 2 055 (10%) des professionnels non soignants. Pour 5% des cas, la catégorie professionnelle n’était pas renseignée. Une grande partie des cas était des infirmiers (29%) ou des aides-soignants (25%). Parmi ces 21 142 cas, 10 décès liés à l’infection à SARS-CoV-2 ont été rapportés, dont 3 médecins, 2 aides-soignants, et 5 professionnels non soignants.

Il faut y ajouter 22 463 signalements de cas parmi le personnel des établissements EHPAD,  et 9831 parmi ceux des autres établissements médicaux-sociaux, dont 18 175 cas confirmés et 18 262 cas possibles), sont parvenus à Santé publique France . Les résultats de cette surveillance sont actualisés chaque semaine  : voir   .https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/infection-a-coronavirus/articles/infection-au-nouveau-coronavirus-sars-cov-2-covid-19-france-et-monde et télécharger  le point hebdomadaire

Parallèlement, une enquête menée par le GERES auprès de tous les soignants contaminés est mise en ligne sur son site pour préciser les circonstances des contaminations chez tous les professionnels quelque soit leur fonction et leur lieu d’exercice, notamment libéral.

MAJ le 15/05/2020

En Chine, selon les chiffres officiels, 3 387 des 77 262 patients Covid-19, soit 4.4% des cas, étaient des professionnels de santé et autres personnels de santé ; 23 d’entre eux sont décédés (1).

En Italie, au 17/04/2020, 17 306 cas parmi 162 004 (10,6%) sont survenus chez des soignants ; ce taux atteint 20% en Lombardie (2).

En Espagne, le dernier point sur les cas de Covid-19 par le Ministère de la Santé rapporte également un taux de 20% (3).

Parmi ces contaminations, certaines sont des transmissions communautaires (notamment intra-familiales), d’autres des transmissions de soignants à soignants ainsi que de patient à soignant.

Aux Etats-Unis, sur 1 423 soignants atteints, 55% ont rapportés au moins un contact avec un patient  diagnostiqué SARS-CoV-2 positif  par RT-PCR et 27% un contact dans leur milieu familial dans les 14 jours précédant leurs symptômes . 

Un cluster à Seattle a été rapporté dans un EHPAD, l’introduction d’un cas de Covid-19 ayant été responsable de cas chez 101 résidents, 50 membres du personnel et 16 visiteurs ; 35 personnes sont décédées .

MAJ le 15/05/20

Sources :

  1. Zhan M, Qin Y, Xue X, Zhu S. Death from Covid-19 of 23 Health care workers in China. Letter to the Editor. N Engl J Med 2020 Apr 15. Doi : 10.1056/NEJMc2005696)

  2. Integrated surveillance of COVID-19 in Italy https://www.epicentro.iss.it/en/coronavirus/bollettino/Infografica_17aprile%20ENG.pdf
  3. ECDC Coronavirus disease 2019 (COVID-19) in the EU/EEA and the UK– ninth update 23 April 2020

La pratique de gestes invasifs avec risque d’aérosolisation du virus semblent être les gestes les plus à risque : l’intubation, la bronchoscopie, les prélèvements naso-pharyngés, intubation trachéale, ventilation non invasive, trachéotomie, réanimation cardio-pulmonaire, ventilation manuelle avant l’intubation, bronchoscopie. La pratique de ces gestes nécessite donc le port de masque type FFP2, en plus du reste de l’équipement de protection individuelle (blouse, gants, lunettes de protection) (consulter la rubrique comment se protéger).

De même, un temps prolongé passé avec un patient est un facteur de risque de transmission de l’infection.

  1. WHO. Rational use of personal protective equipment for coronavirus disease (‎‎COVID-19)‎‎ : interim guidance, 27 February 2020

L’établissement d’une corrélation claire entre gravité clinique de la maladie et augmentation de la contagiosité n’est pas formel, tout comme le lien entre contagiosité et charge virale du SARS-Cov-2 (1). Ainsi, la durée de la contagiosité n’est pas clairement établie non plus, en dehors des patients guéris pour lesquelles les recommandations actuelles considèrent qu’ils peuvent rompre leur isolement strict 14 jours après l’apparition de symptômes.

Ainsi, en dehors de ces cas, toute personne pour qui un diagnostic certain ou probable d’infection par le virus du Covid-19 est posé doit être a priori considérée comme contagieuse.

Les études semblent concorder sur le fait que la charge virale dans les voies aériennes supérieures est maximale au début de la symptomatologie (2), et que la pratique de gestes invasifs, par le biais d’aérosolisation du virus, augmente encore le risque de transmission au personnel soignant.

  1. Kimball A, Hatfield KM, Arons M, James A, Taylor J, Spicer K et al. Asymptomatic and Presymptomatic SARS-CoV-2 Infections in Residents of a Long-Term Care Skilled Nursing Facility – King County, Washington, March 2020. MMWR Morb Mortal Wkly Rep. 2020 Apr 3;69(13):377-381. doi: 10.15585/mmwr.mm6913e1.

  2. To KK, Tsang OT, Leung WS, Tam AR, Wu TC, Lung DC et al. Temporal profiles of viral load in posterior oropharyngeal saliva samples and serum antibody responses during infection by SARS-CoV-2: an observational cohort study. Lancet Infect Dis. 2020 Mar 23.. doi: 10.1016/S1473-3099(20)30196-1

La transmission par gouttelettes du SARS-Cov-2 est aujourd’hui avérée, en dehors de circonstances particulières d’aérosolisation (cf. QS 3) du virus où une transmission a été mise en évidence (persistance de très petites particules en suspension dans l’air). L’efficacité prouvée des masques chirurgicaux sur les maladies transmissibles par cette voie permet de dire qu’un masque de ce type est efficace dans la plupart des situations, mais les masques de type FFP2 sont plus efficaces lors de la pratique des gestes les plus à risque (cf. QS  Quels sont les gestes les plus à risque de contamination pour les soignants ?) (1, 2).

Les masques en tissu ou dit alternatif sont moins protecteurs et non recommandés pour les soignants ( consulter la rubrique ” port de masque” »)

  1. Ng K, Poon BH, Kiat Puar TH, Shan Quah JL, Loh WJ, Wong YJ et al. COVID-19 and the Risk to Health Care Workers: A Case Report. Ann Intern Med. 2020 Mar 16. doi: 10.7326/L20-0175.

  2. Wang X, Pan Z, Cheng Z.Association between 2019-nCoV transmission and N95 respirator use. J Hosp Infect. 2020 Mar 3.. doi: 10.1016/j.jhin.2020.02.021.

  3. Consulter la rubrique “Port de masques”

La définition précise d’une durée de survie est difficile car conditionnée par plusieurs paramètres comme le type de support, l’humidité résiduelle, la température, la quantité de liquide biologique et la concentration virale initiale. Une étude en laboratoire a montré des durées de survie du SARS-cov-2 variable selon les surfaces allant de quelques heures à 72 heures, ce qui ne veut pas forcément dire qu’il reste infectant pour l’homme.

En revanche, il faut rappeler que les coronavirus humains tels que les SARS-CoV ou MERS-CoV (2) sont facilement inactivés par les désinfectants tels que l’alcool (éthanol) à 62-71%, ou l’hypochlorite de sodium (eau de javel) à 0,1% de Chlore actif en 1 minute. Un nettoyage régulier des surfaces en contact potentiel avec le virus est indispensable.

  1. Van Doremalen N, Bushmaker T, Morris DH, Holbrook MG, Gamble A, Williamson BN et al. Aerosol and Surface Stability of SARS-CoV-2 as Compared with SARS-CoV-1. N Engl J Med. 2020 Mar 17. doi: 10.1056/NEJMc2004973

  2. Kampf G, Todt D, Pfaender S, Steinmann E. Persistence of coronaviruses on inanimate surfaces and its inactivation with biocidal agents. J Hosp Infect. 2020 Feb 6. pii: S0195- 6701(20)30046-3. doi: 10.1016/j.jhin.2020.01.022.

Les précautions contact sont indispensables. En effet, le virus SARS-Cov-2 survit en milieu extérieur sur les surfaces pendant plusieurs heures (1) (voir QS  : Combien de temps le virus reste-t-il actif sur les surfaces inertes ?). Les précautions contact sont efficace pour éviter la transmission de la maladie aux soignants (2). Ainsi, ces dernières (surblouse à manches, gants) sont absolument indispensables (Consulter la rubrique ” port d’une surblouse”), tout comme un nettoyage complet des surfaces régulièrement, en complément du port de masque et de lunettes de protection (cf. QS : Est-ce que les masques nous protègent ?).

L’exemple de Taiwan pendant l’épidémie de SARS-Cov-1 est édifiant concernant l’efficacité de la combinaison des mesures de précaution (maîtrise de la circulation des patients associée aux précautions contact et au port de masque). Lorsqu’elles sont respectées, ces mesures très strictes permettent d’éviter toute transmission au personnel soignant dans l’établissement testé, alors que de nombreux cas sont à déplorer dans les autres établissements où les mesures sont moins strictes (1).

  1. Van Doremalen N, Bushmaker T, Morris DH, Holbrook MG, Gamble A, Williamson BN et al. Aerosol and Surface Stability of SARS-CoV-2 as Compared with SARS-CoV-1. N Engl J Med. 2020 Mar 17. doi: 10.1056/NEJMc2004973.

  2. WHO. Rational use of personal protective equipment for coronavirus disease (covid-19). 19 March 2020.

  3. Schwartz J, King CC, Yen MY. Protecting Health Care Workers during the COVID-19 Coronavirus Outbreak -Lessons from Taiwan’s SARS response. Clin Infect Dis. 2020 Mar 12. doi: 10.1093/cid/ciaa255.

Le risque de contracter la COVID-19 par contact avec les matières fécales d’une personne infectée n’est pas démontré. Les premières investigations semblent indiquer que le virus peut être présent dans les matières fécales dans certains cas, mais la flambée ne se propage pas principalement par cette voie. Cependant, ce risque potentiel  est une raison supplémentaire pour une hygiène des mains régulière, après être allé aux toilettes et avant de manger .

  1. Wu Y, Guo C, Tang L, Hong Z, Zhou J, Dong X et al. Prolonged presence of SARS-CoV-2 viral RNA in faecal samples. Lancet Gastroenterol Hepatol. 2020 Mar 19. doi: 10.1016/S2468-1253(20)30083-2

  2. HCSP. Réduction du risque de transmission du coronavirus SARS-CoV-2 par la ventilation et gestion des effluents des patients. 17 mars 2020 

Lorsqu’un soignant contracte la COVID-19, le risque de transmission à un proche ou à un patient non infecté existe et le soignant se trouve dans la même situation qu’un patient (1). Pour limiter la transmission, un arrêt maladie est nécessaire ainsi que le port d’un masque pour le soignant son entourage et le confinement au domicile. En raison d’un portage asymptomatique possible de la maladie, il est important que les soignants se protègent au mieux lorsqu’ils sont amenés à prendre en charge des patients atteints de Covid-19 sur leur lieu de travail.

  1. Chan JF, Yuan S, Kok KH, To KK, Chu H, Yang J et al. A familial cluster of pneumonia associated with the 2019 novel coronavirus indicating person-to-person transmission: a study of a family cluster. Lancet. 2020 Feb 15;395(10223):514-523. doi: 10.1016/S0140-6736(20)30154-9.

Il peut reprendre le travail à partir du 8ème jour du début des symptômes si disparition de la fièvre et/ou de la dyspnée depuis au moins 48h. S’il est à risque de développer une forme grave de Covid-19, la reprise ne pourra intervenir qu’à partir du 10ème jour après le début des symptômes.

Lors de la reprise des activités professionnelles, le port d’un masque chirurgical pendant 7 jours est indispensable. Certains préconisent le port d’un masque jusqu’à 21 jours après le début des symptômes.

Ressources :

  1. Fiche prise en charge en ambulatoire

https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/covid-19_fiche_medecin_v16032020finalise.pdf

  1. Avis SFMT/MTPH du 23 mars 2020

http://www.chu-rouen.fr/sfmt/autres/Criteres_evictions_COVID-19_SFMT_23_mars_2020.pdf

  1. HCSP Avis relatif aux critères cliniques de sortie d’isolement des patients ayant été infectés par le SARS-CoV-2 du 16 mars 2020

https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=781

Au-delà des risques de transmission de la maladie, le risque psychologique ne doit pas être négligé. En effet, une étude menée en Chine montre une augmentation majeure du stress chez les professionnels de santé en charge des patients atteints du Covid-19, ce risque semblant encore majoré chez les femmes, les infirmières et les soignants en première ligne de prise en charge (1). Pour y faire face, une autre étude chinoise propose des mesures, établies sur suggestions des soignants : lieu de repos pour le personnel, mise à disposition de repas, formation pour la prise en charge psychologique des patients atteints de Covid-19, instaurations d’activité de loisir sur place et présence de psychologues régulièrement sur place dans le lieu de repos (2).

Une surveillance psychologique et une prise en charge rapide et adaptée est nécessaire dès que des symptômes se font sentir. En France, certains hôpitaux ont mis en place une cellule psychologique pour les soignants. Pour l’ensemble des soignants, plusieurs services d’accompagnement psychologiques sont disponibles, dont 24h/24 et 7j/7, pour répondre à toute demande (3). cf encadré

  1. Lai J, Ma S, Wang Y, Cai Z, Hu J, Wei N et al. Factors Associated With Mental Health Outcomes Among Health Care Workers Exposed to Coronavirus Disease 2019. JAMA Netw Open. 2020 Mar 2;3(3):e203976. doi: 10.1001/jamanetworkopen.2020.3976.  https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2763229

  2. Chen Q, Liang M, Li Y, Guo J, Fei D, Wang L et al. Mental health care for medical staff in China during the COVID-19 outbreak. Lancet Psychiatry. 2020 Apr;7(4):e15-e16. doi: 10.1016/S2215-0366(20)30078-X. https://www.thelancet.com/journals/lanpsy/article/PIIS2215-0366(20)30078-X/fulltext

  3. Disponible sur : https://www.asso-sps.fr/covid19

Plateformes Accompagnement psycholoqique Public cible

ou Ressources

Disponibilité Coordonnées de contact
Conseil national de l’ordre des médecins Pour l’ensemble des professionnels de santé 24h/24 et 7j/7 0800 288 038
Les différents ordres des professionnels de santé Pour l’ensemble des professionnels de santé 24h/24 et 7j/7 0800 800 854
Ministère des solidarités et de la Santé Pour l’ensemble des professionnels de santé

(https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/plateforme-soutien-medico-psychologique-professionnels-covid-19.pdf)

7j/7, de 8H00 à 24H00 0800 730 958
Association des directeurs d’hôpitaux Pour les directeurs d’hôpital, directeurs d’établissement sanitaire social et médico-social et directeurs des soins 24h/24 et 7j/7 0800 203 007
Service d’entraide et de soutien psychologique de la Croix Rouge française Pour l’ensemble des professionnels de santé 7j/7, de 10h à 22h en semaine, de 12h à 18h le week-end. 09 70 28 30 00

0800 858 858

Association «Psychologues bénévoles » Pour l’ensemble des professionnels de santé 24h/24 et 7j/7 https://psychologues-solidaires.fr/
Association SPS (Soins aux professionnels de santé) Pour l’ensemble des professionnels de santé 24h/24 et 7j/7 https://www.asso-sps.fr/

0805 232 336

Application mobile (Asso SPS)

Psychiatre solidarité Annuaire de l’ensemble des professionnels psychiatres ou médecins pouvant assurer une prise en charge psychologique via la téléconsultation Site internet http://psy-solidaires-covid.org/

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