Avertissement : Compte tenu de l’apport  de nouvelles données, d’études et de travaux de recherche, certaines informations  peuvent être amenées à évoluer.

 Mise à jour : août 22

Les portes d’entrée du SARS-CoV-2 sont les muqueuses buccale, nasale et conjonctivale.

La transmission du SARS-CoV-2 est interhumaine. 

Quel que soit le variant, le SARS-CoV-2 se transmet de personnes à personne de façon directe :

  • Principalement par voie aéroportée : une personne infectée émet en parlant, toussant, crachant, éternuant, et même simplement en respirant un continuum de particules de différentes tailles. Il s’agit d’un gradient de gouttelettes respiratoires de grande taille (> 5 à 100 μm) jusqu’à un aérosol de microparticules (≤ 5 à 2 μm) qui peuvent être inhalés ou respirés par une personne à proximité.

De nombreux facteurs individuels et environnementaux entrent en jeu dans le risque de transmission aéroportée, en agissant sur la concentration particulaire de l’air et sur la viabilité du SARS-CoV-2 : le volume de la pièce, la présence d’une ventilation mécanique et le taux de renouvellement de l’air, l’hygrométrie, la température, la densité de population, le type d’activité de la personne infectée, le respect du port de masque. Il est également important de noter que, par un phénomène de dilution, la concentration en virus dans l’air est inversement proportionnelle à la distance du sujet émetteur.

  • La Transmission par voie manuportée est possible : contacts de mains souillées avec les muqueuses buccale, nasale et conjonctivale.

Exceptionnellement, le SARS-CoV-2 peut se transmettre de façon indirecte par contact avec une surface inerte contaminée (ou fomites).

La transmission est possible à partir d’individus asymptomatiques ou pré symptomatiques, vaccinés ou non.

Références

Société française d’hygiène hospitalière. Note relative à la protection des patients et des professionnels en contexte COVID-19. Version du 05/04/2022. Bordeaux: SF2H; 2022.https://www.sf2h.net/wp-content/uploads/2022/04/2022_04-SF2H-NotePS_contexte-COVID_maj_modifapparentes.pdf

Haut conseil de la santé publique. Avis du 28 avril 2021 relatif à l’adaptation des mesures d’aération, de ventilation et de mesure du dioxyde de carbone (CO2) dans les établissements recevant du public (ERP) pour maîtriser la transmission du SARS-CoV-2. Paris: HCSP; 2021. https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=1009

Centre de collaboration nationale en santé environnementale, O’Keeffe J, Eykelbosh A. Comprendre la transmission du SRAS-CoV-2 pendant la pandémie de COVID-19. Vancouver: CCNSE; 2021.https://ccnse.ca/sites/default/files/Understanding%20SARS-CoV-2%20Transmission_Dec2021_FR.pdf

Public Health Ontario. COVID-19 transmission through short and long-range respiratory particles.Toronto: PHO;2022.https://www.publichealthontario.ca/-/media/Documents/nCoV/phm/2022/01/covid-19-respiratory-transmission-range.pdf?sc_lang=en

Birgand G, Kerneis S, Lucet JC. Modes de transmission du SARS-CoV-2 : que sait-on actuellement ? Rev Fr Infect 2021;1.

Les virus évoluent génétiquement au cours du temps, plus ou moins rapidement. Cette évolution survient notamment suite à des changements (mutations) ou suppressions (délétions) introduits dans leur code génétique. Les variations génétiques du SARS-CoV-2 sont surveillées au niveau mondial et les séquences produites dans chaque pays sont partagées dans des bases de données internationales, dont la base de données GISAID (Global Initiative on Sharing Avian Influenza Data). 

Plusieurs variants du SARS-CoV-2 ont aujourd’hui un impact démontré sur la santé publique. Une analyse de risque permet de les classer en trois catégories :

1/ Les variants préoccupants ou VOC (« variant of concern » en anglais), variants pour lesquels il a été démontré en comparant avec un/plusieurs virus de référence :

  • Une augmentation de la transmissibilité ou un impact défavorable sur l’épidémiologie de la Covid-19 ;
  • Une augmentation de la virulence (gravité) ou un changement dans la présentation clinique de la maladie ;
  • Une diminution de l’efficacité des mesures de contrôle mises en place (mesures de prévention, tests diagnostiques, vaccins, molécules thérapeutiques).

Ils font l’objet d’une dénomination internationale, définie par l’OMS et basée sur l’alphabet grec. En France, le premier VOC introduit fin 2020 est le variant Alpha, devenu majoritaire en mars 2021. Les variants Beta et Gamma ont également circulé mais de façon moindre au premier semestre 2021, puis le variant Delta, apparu en mai 2021, est devenu majoritaire en juillet 2021. Ces VOC ne circulent plus à ce jour en France.

Le variant Omicron est apparu en France fin novembre 2021, et il est devenu majoritaire début janvier 2022 de façon très rapide. On peut noter que les trois caractéristiques majeures d’Omicron sont : sa transmissibilité élevée, son échappement immunitaire et sa moindre sévérité, d’autant que la population est largement vaccinée. Etant donné l’intensité de la circulation d’Omicron dans le monde, une diversification génétique au sein de ce variant et l’apparition progressive de sous-lignages ont été constatées : avec une transmissibilité encore plus élevée et un intervalle de génération (délai entre deux cas) raccourci, le sous-lignage BA.2 a progressivement remplacé depuis mars 2022 le sous-lignage BA.1 de référence initialement observée. Les sous-lignages d’Omicron BA.4 et BA.5 font également l’objet d’une surveillance renforcée, sur la base de leur profil génétique (lien SpF)(dont BA.5 prédominant en France depuis mi-juin 2022).

2/ Les variants d’intérêt ou VOI (« variant of interest » en anglais) à suivre : variants porteurs de mutations qui les distinguent des souches virales de référence du SARS-CoV-2 (comme les variants Eta, Iota, Kappa, Lambda), dont l’impact en santé publique n’est pas formellement démontré, mais leurs caractéristiques virologiques, cliniques et/ou épidémiologiques justifient de les étudier tout particulièrement. Ils sont responsables d’une transmission communautaire ou de multiples cas confirmés (clusters), ou ont été détectés dans de multiples pays.

3/ Les variants en cours d’évaluation, ou VUM variant under monitoring » en anglais) : absence d’éléments virologiques, épidémiologiques ou cliniques probants en faveur d’un impact en santé publique, malgré la présence de mutations retrouvées chez un ou plusieurs variants d’intérêt / à suivre.

Références

World Health Organization. Tracking SARS-CoV-2 variants, 7 june 2022 [En ligne]. Geneva: WHO; 2022. https://www.who.int/activities/tracking-SARS-CoV-2-variants

World Health Organization. Special edition: proposed working definitions of SARS-CoV-2 Variants of Interest and Variants of Concern. Weekly Epidemiological Update, 25 february. Geneva: WHO; 2021.https://www.who.int/docs/default-source/coronaviruse/situation-reports/20210225_weekly_epi_update_voc-special-edition.pdf

Santé publique France. Coronavirus : circulation des variants du SARS-CoV-2. Mis à jour le 17 juin 2022 [En ligne]. Saint-Maurice: SPF; 2022.https://www.santepubliquefrance.fr/dossiers/coronavirus-covid-19/coronavirus-circulation-des-variants-du-sars-cov-2

Santé publique France, CNR des virus des infections respiratoires. Analyse de risque sur les variants émergents du SARS-CoV-2 réalisée conjointement par Santé publique France et le CNR Virus des infections respiratoires. Mise à jour du 15/06/2022. Saint-Maurice: SPF; 2022.https://www.santepubliquefrance.fr/media/files/01-maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/infection-a-coronavirus/analyse-de-risque-des-variants-emergents-de-sars-cov-2-15-06-22

ECDC. https://www.ecdc.europa.eu/en/covid-19/variants-concern

La transmissibilité accrue des variants en circulation depuis décembre 2021 signifie qu’une personne vulnérable peut être infectée plus facilement qu’auparavant. L’infection peut découler d’une brève exposition à une dose concentrée du virus ou d’une exposition prolongée ou répétée à une faible dose.

Les modes de transmission sont restées les mêmes, la principale étant l’exposition aux émissions respiratoires d’une personne infectée.

Une infection préférentielle des voies aériennes supérieures, ou des mécanismes d’entrée cellulaire spécifiques peuvent expliquer l’augmentation de la transmissibilité (cas du variant Omicron) de personne à personne.

En outre, différents éléments peuvent accélérer la dynamique de l’épidémie, par exemple :

  • Une courte période d’incubation (temps entre le moment de l’exposition et le début de l’infection), ce qui signifie que les personnes infectées peuvent potentiellement transmettre la maladie plus rapidement après l’exposition.

  • Un court intervalle de série (temps entre l’apparition des symptômes chez les cas successifs d’une chaîne de transmission), ce qui semble favoriser la progression rapide des chaînes de transmission.

  • Une charge virale élevée (quantité de particules virales par unité de fluides corporels chez la personne infectée), ainsi, une personne vulnérable peut être exposée à une plus grande quantité de virus.

La transmissibilité accrue des variants préoccupants, en particulier des sous-lignages du variant Omicron, signifie que les risques de transmission sont plus grands ; il faut donc appliquer strictement les mesures de prévention actuelles visant à réduire la transmission par les voies aéroportées et manuportées.

Références

Yamasoba D, Kimura I, Nasser H, Morioka Y, Nao N, Ito J, et al. Virological characteristics of SARS-CoV-2 BA.2 variant [preprint]. bioRxiv 2022. http://dx.doi.org/10.1101/2022.02.14.480335

Qu’est-ce que cela implique ?

A savoir :

  1. Éliminer la transmission manuportée par la friction hydro-alcoolique des mains et la désinfection du matériel partagé.

  2. Réduire les émissions de particules par la personne infectée (port de masque chirurgical par la personne infectée qu’elle soit symptomatique ou non) ;

  3. Protéger la personne exposée :

– les muqueuses oro-pharyngées (port de masque chirurgical, ou appareil de protection respiratoire (FFP2) dans un contexte de soins à risque d’aérosolisation) ;

– les muqueuses oculaires en cas de projection ou aérosolisation de produit biologique (port de lunettes de protection, visière ou écran facial) ;

  1. Éliminer les aérosols par dispersion et dilution en ventilant ou aérant les locaux ;

  2. Assurer une distance physique d’au moins 2 mètres dans toutes les circonstances où le masque ne peut être porté.

Ces 5 actions doivent être mises en œuvre de façon concomitante, chacune appliquée isolément étant insuffisante.

Les premiers cas de réinfection par le SARS-CoV-2 ont été signalés dès la fin de l’été 2020. Santé publique France a mis en place plusieurs dispositifs de surveillance pour étudier ces évènements. Les premières données ont montré que près de 417 000 cas possibles de réinfection par le SARS-CoV-2 ont été identifiés entre le 1er janvier 2021 et le 27 janvier 2022 (chiffre sous-estimé), avec près de 80% des cas possibles de réinfection en lien avec le variant Omicron.

Les professionnels de santé étaient surreprésentés parmi les cas possibles de réinfection par rapport à l’ensemble des cas confirmés de Covid-19 (6% versus 3,4%), probablement du fait d’une surexposition à l’infection par le SARS-CoV-2 de ces professionnels par rapport à la population générale.

A noter également que la proportion d’adultes âgés de 18 à 40 ans était plus élevée que parmi l’ensemble des cas confirmés de Covid-19 (52% versus 39%), représentant plus de la moitié des cas possibles de réinfection. Cette surreprésentation des adultes jeunes pourrait être expliquée par une moindre adhésion aux mesures barrières et à la distanciation sociale, et/ou une couverture vaccinale plus faible chez les 18-40 ans que celle des populations plus âgées au cours de la période d’étude.

Une baisse progressive de l’efficacité vaccinale à partir du 3ème mois vis à vis de l’infection et des formes symptomatiques est démontrée, l’efficacité contre les formes graves restant à un niveau relativement élevé. L’administration d’une dose de rappel permet de restaurer cette efficacité vaccinale, avec notamment une réduction de 90 % de la mortalité associée à la Covid-19 comparativement aux adultes n’ayant pas eu de rappel.

Même vacciné, il est possible de se réinfecter, surtout avec les sous-lignages du variant Omicron. Ainsi, en complément de la vaccination, l’application stricte des mesures barrières restent indispensables afin de réduire les cas de réinfection.

Références

Andrews N, Stowe J, Kirsebom F, Toffa S, Rickeard T, Gallagher E, et al. Covid-19 vaccine effectiveness against the Omicron (B.1.1.529) variant. N Engl J Med 2022;386(16):1532-46.http://dx.doi.org/10.1056/NEJMoa2119451

Chenchula S, Karunakaran P, Sharma S, Chavan M. Current evidence on efficacy of COVID-19 booster dose vaccination against the Omicron variant: a systematic review. J Med Virol 2022;94(7):2969-76. http://dx.doi.org/10.1002/jmv.27697

Différentes études ont montré que de l’ARN du SARS-CoV-2 n’était détectable dans le sang que pour une faible proportion de patients présentant pourtant de l’ARN viral dans les prélèvements respiratoires1. Cet ARN sanguin est transitoire, de niveau faible et associé de façon variable à la survenue de symptômes. La présence de virus infectieux associé à l’ARN détecté n’est pas démontré.

Il faut toutefois noter la détection possible de SARS-CoV-2 dans les cellules mononucléaires périphériques2 et dans les plaquettes3, mais à ce jour aucun cas de contamination par transfusion n’a été documenté.

Parmi les soignants contaminés depuis le début de l’épidémie, aucune transmission par AES n’a été décrite.

Le risque de transmission du SARS-CoV-2 par AES est peu probable, toutefois les précautions standards s’appliquent.

Références

Leblanc JF, Germain M, Delage G, OʼBrien S, Drews SJ, Lewin A. Risk of transmission of severe acute respiratory syndrome coronavirus 2 by transfusion: a literature review. Transfusion 2020;60(12):3046-54. http://dx.doi.org/10.1111/trf.16056

Public Health Ontario. Additional routes of COVID-19 transmission: what we know so far. Toronto: PHO; 2021 https://www.publichealthontario.ca/-/media/documents/ncov/covid-wwksf/2020/12/routes-transmission-covid-19.pdf

1 Chiem C, Alghamdi K, Nguyen T, Han JH, Huo H, Jackson D. The impact of COVID-19 on blood transfusion services: a systematic review and meta-analysis. Transfus Med Hemother 2022;49(2):107–18. http://dx.doi.org/10.1159/000519245. Dans 16 études menées sur des patients hospitalisés voire admis en soins intensifs, sur un total de 935 plasmas, sérum, ou échantillons sanguins, seulement 119 présentaient de l’ARN viral détectable, à un faible niveau, entre 3 jours et jusqu’à 4 semaines après la survenue de symptômes

2 Moustafa A, Khalel RS, Aziz RK. Traces of SARS-CoV-2 RNA in peripheral blood cells of patients with COVID-19. OMICS 2021;25(8):475-83. http://dx.doi.org/10.1089/omi.2021.0068

3 Zaid Y, Puhm F, Allaeys I, Naya A, Oudghiri M, Khalki L, et al. Platelets can associate with SARS-Cov-2 RNA and are hyperactivated in COVID-19. Circ Res 2020;127(11):1404-18. http://dx.doi.org/10.1161/circresaha.120.317703

Le SARS-CoV-2 est capable d’infecter les cellules de l’iléon et du colon.

Quelques études ont confirmé la présence de virus infectieux dans les selles et les patients atteints des formes plus graves de Covid-19 présentaient des concentrations élevées de SARS-CoV-2 dans leurs selles.

L’ARN du SARS-CoV-2 peut être détecté dans des échantillons de selles de patients, sans être clairement associé à des symptômes abdominaux (chez ceux dont l’ARN du virus fécal était détectable, environ la moitié souffraient de diarrhée et l’autre moitié avaient des selles de consistance normale). D’autre part, des patients ont continué à avoir des résultats positifs dans les selles après avoir montré des résultats négatifs dans les échantillons respiratoires1.

Quelques exemples de possible transmission fécale-orale (transmission du virus des selles d’une personne à la bouche d’une autre, ou contamination fécale des aliments) ou par aérosols fécaux (transmission par inhalation de matières fécales infectieuses en aérosols) ont été rapportés, mais aucune étude n’a réussi à prouver de façon définitive la transmission par les selles.

Le risque de transmission du SARS-CoV-2 par contact avec les matières fécales d’une personne infectée reste peu probable, une attention particulière reste toutefois à porter quant à l’hygiène des mains par la friction hydro-alcoolique et aux modalités de désinfection et de nettoyage.

Références

Bwire GM, Majigo MV, Njiro BJ, Mawazo A. Detection profile of SARS-CoV-2 using RT-PCR in different types of clinical specimens: a systematic review and meta-analysis. J Med Virol 2021;93(2):719-25.Le SARS-CoV-2 est capable d’infecter les cellules de l’iléon et du colon. http://dx.doi.org/10.1002/jmv.26349g/10.1002/jmv.26349

Amirian ES. Potential fecal transmission of SARS-CoV-2: current evidence and implications for public health. Int J Infect Dis 2020;95:363-70. http://dx.doi.org/10.1016/j.ijid.2020.04.057

d’Amico F, Baumgart DC, Danese S, Peyrin-Biroulet L. Diarrhea during COVID-19 infection: pathogenesis, epidemiology, prevention, and management. Clin Gastroenterol Hepatol 2020;18(8):1663-72. http://dx.doi.org/10.1016/j.cgh.2020.04.001

Xiao F, Tang M, Zheng X, Liu Y, Li X, Shan H. Evidence for gastrointestinal infection of SARS-CoV-2. Gastroenterology 2020;158(6):1831-3.e3. http://dx.doi.org/10.1053/j.gastro.2020.02.055

Centre de collaboration nationale en santé environnementale, O’Keeffe J, Eykelbosh A. Comprendre la transmission du SRAS-CoV-2 pendant la pandémie de COVID-19. Vancouver: CCNSE; 2021.https://ccnse.ca/sites/default/files/Understanding%20SARS-CoV-2%20Transmission_Dec2021_FR.pdf

Ding Z, Qian H, Xu B, Huang Y, Miao T, Yen HL, et al. Toilets dominate environmental detection of severe acute respiratory syndrome coronavirus 2 in a hospital. Sci Total Environ 2021;753:141710. http://dx.doi.org/10.1016/j.scitotenv.2020.141710.

Das Adhikari U, Eng G, Farcasanu M, Avena LE, Choudhary MC, Triant VA, et al. Fecal severe acute respiratory syndrome coronavirus 2 (SARS-Cov-2) RNA is associated with decreased coronavirus disease 2019 (COVID-19) survival. Clin Infect Dis 2022;74(6):1081-4. http://dx.doi.org/10.1093/cid/ciab623

Heneghan CJ, Spencer EA, Brassey J, Plüddemann A, Onakpoya IJ, Evans DH, et al. SARS-CoV-2 and the role of orofecal transmission: a systematic review. F1000Res 2021;10:231. http://dx.doi.org/10.12688/f1000research.51592.2

Hindson J. COVID-19: faecal-oral transmission? [commentary]. Nat Rev Gastroenterol Hepatol 2020;17(5):259. http://dx.doi.org/10.1038/s41575-020-0295-7

Vaselli NM, Setiabudi W, Subramaniam K, Adams ER, Turtle L, Iturriza-Gómara M, et al. Investigation of SARS-CoV-2 faecal shedding in the community: a prospective household cohort study (COVID-LIV) in the UK. BMC Infect Dis 2021;21:784. http://dx.doi.org/10.1186/s12879-021-06443-7

1 La durée de l’excrétion virale fécale variait de 1 à 33 jours après un prélèvement nasopharyngé négatif. Gupta S, Parker J, Smits S, Underwood J, Dolwani S. Persistent viral shedding of SARS-CoV-2 in faeces: a rapid review. Colorectal Dis 2020;22(6):611-20. http://dx.doi.org/10.1111/codi.15138

  1. Wu Y, Guo C, Tang L, Hong Z, Zhou J, Dong X et al. Prolonged presence of SARS-CoV-2 viral RNA in faecal samples. Lancet Gastroenterol Hepatol. 2020 Mar 19. doi: 10.1016/S2468-1253(20)30083-2

  2. HCSP. Réduction du risque de transmission du coronavirus SARS-CoV-2 par la ventilation et gestion des effluents des patients. 17 mars 2020 

Face à l’épidémie de Covid-19, un recensement national des professionnels ayant été infectés par le SARS-CoV-2 a été mis en place par Santé publique France depuis le 1er mars 2020 (en ligne sur le site SPF). Tous les professionnels travaillant en établissements de santé (PES) d’hospitalisation publics et privés, professionnels de santé mais aussi les autres salariés (personnels d’entretien, personnels administratif…) sont concernés.

Parmi les 1 396 établissement de santé (ES) qui ont participé à l’enquête depuis le 1er mars 2020 (regroupant 950 920 professionnels salariés, ce qui correspond à 74,8% des PES salariés en France), environ 150 ES y participent actuellement régulièrement.

Pour la période du 1er mars 2020 au 10 mai 2022, 132 293 contaminations1 ont été recensées chez les PES.

Au total 19 décès liés à l infection à SARS-CoV-2 ont été enregistrés depuis le 1er mars 2020, survenus chez 5 médecins, 5 aides soignantes, 1 infirmier, 2 professionnels de santé classés « autres  » et 6 professionnels non soignants. Parmi les décès déclarés, aucun n est survenu depuis mi-décembre 2020.Depuis le début de l’épidémie, parmi les différentes professions de personnel soignant, le plus grand nombre de cas est survenu chez les infirmiers et les aides-soignants. Mais si l’on rapporte le nombre de cas par profession à l’ensemble des professionnels de même catégorie, ce sont les aides-soignants et les kinésithérapeutes qui sont les professions les plus impactées depuis le début de l’épidémie (respectivement 14,4% et 13,3% ont été infectés).

1 Cas symptomatique ou non, avec un résultat biologique confirmant l’infection par le SARS-CoV-2, par RT-PCR, ou par sérologie dans le cadre d’un diagnostic de rattrapage (conformément aux recommandations de la HAS), ou par un test antigénique (TROD ou TDR) ou probablement infecté par le SARS-CoV-2, (clinique, historique de contact ou imageries évocatrices), reconnu comme infecté par la cellule « Covid-19 » ou le référent infectiologue de l’ES.

Du 1er mars 2020 au 14 janvier 2022, 6 505 signalements de cas de Covid-19 nosocomiaux ont été rapportés par des établissement de santé (ES) d’hospitalisation, public ou privé, répartis dans les 17 régions françaises (en ligne sur le site de SpF). Près d’un tiers des ES français ont réalisé au moins 1 signalement de Covid-19 nosocomial.

Parmi ces 6 505 signalements, 4 779 (73 %) correspondaient à des cas groupés (CG) (au moins 3 cas liés), dont le caractère nosocomial était jugé certain pour 1 809 (38 %), probable pour 1 873 (39 %) et possible pour 1 096 (23 %). Au total, ils représentaient 73 414 cas répartis en 46 078 patients avec 312 décès liés, 27 321 professionnels et 15 visiteurs. La part des professionnels diminue progressivement depuis début 2021 (32 % lors de cette dernière vague – du 29 novembre 2021 au 14 janvier 2022 – vs près de 40 % lors de la 2e vague – 7 septembre 2020 au 7 mars 2021).

La répartition des services dans lesquels sont survenus ces épisodes est stable au cours de l’épidémie avec, au premier plan, les services de médecine (42 %), de soins de suite et de réadaptation / de longue durée et de secteurs d’Ehpad (36 %). Très peu de CG sont signalés en soins critiques ou aux urgences.

Le patient serait à l’origine de la contamination dans 59 % des épisodes renseignés (n=3 386). Il s’agirait d’un professionnel (31,5 %), d’un membre de la famille ou d’un visiteur (7 %) et 2 % évoquent plusieurs origines possibles.

Hypothèses pour expliquer la transmission nosocomiale

Parmi les épisodes de cas groupés signalés, 72 % (n= 3 442) suggèrent une ou plusieurs hypothèses de transmission. Près d’une fois sur quatre, l’origine de la chaine de transmission d’un cas d’infection nosocomiale n’a pas été identifiée lors de son admission et pour plus d’un épisode sur 5, des ruptures dans l’application des mesures barrières ont été mises en cause. La transmission par les visiteurs est évoquée dans 9 % des épisodes et la transmission, essentiellement entre professionnels, au cours des pauses est évoquée dans 8,6 %. La contamination lors des pauses/transmissions correspond à un tiers des hypothèses évoquées lors des CG ne concernant que des professionnels. La part des contaminations lors des soins est évoquée dans 7,4 % des CG.

Les hypothèses de transmission nosocomiale documentées soulignent l’importance de la stratégie de dépistage des patients dès l’admission et de la stricte application des mesures barrières lors des soins et des visites aux patients, mais également lors des moments de vie collective (déjeuner, pause, réunion) en particulier entre professionnels en période de circulation virale.

Parallèlement, une enquête menée par le GERES auprès de tous les soignants contaminés a été réalisée via son site pour préciser les circonstances des contaminations chez tous les professionnels quel que soit leur profession et leur lieu d’exercice, notamment libéral. Celle-ci est terminée

Sources :

  1. Zhan M, Qin Y, Xue X, Zhu S. Death from Covid-19 of 23 Health care workers in China. Letter to the Editor. N Engl J Med 2020 Apr 15. Doi : 10.1056/NEJMc2005696)

  2. Integrated surveillance of COVID-19 in Italy https://www.epicentro.iss.it/en/coronavirus/bollettino/Infografica_17aprile%20ENG.pdf
  3. ECDC Coronavirus disease 2019 (COVID-19) in the EU/EEA and the UK– ninth update 23 April 2020

La pratique de gestes invasifs avec risque d’aérosolisation du virus semble être les gestes les plus à risque. Le Haut Conseil de Santé Publique a précisé la liste suivante des actes invasifs ou manœuvres réalisées au niveau de la sphère respiratoire ou ORL pouvant provoquer l’aérosolisation de particules infectantes :

  • Intubation / extubation (dont masque laryngé) ;

  • Ventilation mécanique avec circuit expiratoire « ouvert » ;

  • Ventilation mécanique non invasive (VNI) ;

  • Aspiration endotrachéale (hors système clos) ;

  • Fibroscopie bronchique ;

  • Kinésithérapie respiratoire générant des aérosols (ex. kinésithérapie respiratoire pour désencombrement et expectoration induite) ;

  • Aérosolthérapie ;

  • Prélèvement nasopharyngé ;

  • Explorations fonctionnelles respiratoires ;

  • Autopsie ;

  • Soins de chirurgie dentaire.

De même, un temps prolongé passé avec un patient est un facteur de risque de transmission de l’infection (acte rapproché à moins d’un mètre). Or le risque de transmission chez des patients requérant des soins multiples ne permet pas d’estimer la part attribuable des aérosols parmi l’ensemble des autres modes possibles.

Par ailleurs, le risque d’infection chez les soignants est décrit comme étant plus faible dans les unités entrainées (réanimation, urgences) que dans les unités de soins standards.

Plusieurs études ont décrit, malgré la réalisation de gestes générant des aérosols importants, de faibles taux de transmission chez les soignants.

La pratique des actes invasifs ou manœuvres réalisées au niveau de la sphère respiratoire ou ORL avec risque d’aérosolisation de particules infectantes nécessite donc le port de masque type FFP2, en plus du reste de l’équipement de protection individuelle (tablier/surblouse, protection oculaire) (consulter la rubrique comment se protéger).

Références

Haut conseil de la santé publique. Avis du 10 mars 2020 relatif à la rationalisation de l’utilisation des masques chirurgicaux anti-projections et des masques filtrant de type FFP2 pour les professionnels de santé en établissements de santé, en établissements médico-sociaux et en ville en période épidémique de stade 3. Paris: HCSP; 2020. https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=830

World Health Organization. Rational use of personal protective equipment for COVID-19 and considerations during severe shortages. Interim guidance, 23 december 2020. Geneva: WHO; 2020.https://www.who.int/publications/i/item/rational-use-of-personal-protective-equipment-for-coronavirus-disease-(covid-19)-and-considerations-during-severe-shortages

Eyre D, Lumley S, O’Donnell D, Campbell M, Sims E, Lawson E, et al. Differential occupational risks to healthcare workers from SARS-CoV-2: a prospective observational study. eLife 2020;9:e60675. http://dx.doi.org/10.7554/eLife.60675

Birgand G, Kerneis S, Lucet JC. Modes de transmission du SARS-CoV-2 : que sait-on actuellement ? Rev Fr Infect 2021;1.

  1. WHO. Rational use of personal protective equipment for coronavirus disease (‎‎COVID-19)‎‎ : interim guidance, 27 February 2020

La définition précise d’une durée de survie est difficile car conditionnée par plusieurs paramètres comme le type de support, l’humidité résiduelle, la température, la quantité de liquide biologique et la concentration virale initiale. Une étude expérimentale menée en laboratoire a montré des durées de survie du SARS-CoV-2 variable selon les surfaces allant de quelques heures à 72 heures. Cependant cette étude ne précisait pas que le virus restait infectant.

Il faut noter que le variant Omicron présente une stabilité accrue dans l’environnement (surface plastique et cutanée -modèle ex vivo- comparativement à la souche Wuhan).

Lors d’études observationnelles, l’ARN du virus a été détecté sur une grande variété de surfaces fréquemment touchées (poignées de portes, poubelles, côtés de lit, robinets, sièges de toilette), mais également dans les milieux de soins sur de nombreuses surfaces comme les planchers, les murs, les cadres de portes, les étagères, les bouches d’aération au plafond et les rebords de fenêtres, sans certitude sur la viabilité des virus détectés reste variable.

Lors d’une étude, de l’ARN de SARS-CoV-2 était retrouvé dans 13/28 prélèvements de surface de chambres de patients atteints de Covid-19 intubés/ventilés. Du virus viable sur culture cellulaire était retrouvé sur l’extérieur de la sonde endotrachéale, le sol près du patient, les barres de lit, les draps, le masque de ventilation non invasive, la table de chevet et la télécommande.

En revanche, il faut rappeler que les coronavirus humains tels que les SARS-CoV sont facilement inactivés par les désinfectants tels que l’alcool (éthanol) à 62-71%, ou l’hypochlorite de sodium (eau de javel) à 0,1% de Chlore actif en 1 minuteUne étude a récemment montré que le variant Omicron a été complètement inactivé en 15 secondes par de l’éthanol à 40%.

La contamination possible des surfaces autour de patients atteints de COVID-19 par du virus viable font de la transmission indirecte un mode probable, mais ce type de transmission ne semble pas jouer un rôle majeur dans la propagation du virus. Il convient toutefois d’observer les bonnes pratiques d’hygiène des mains et un nettoyage régulier des surfaces en contact potentiel avec le virus.

Références

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  1. WHO. Rational use of personal protective equipment for coronavirus disease (‎‎COVID-19)‎‎ : interim guidance, 27 February 2020

Les modalités de reprise du travail dépendent de son immunisation (vaccination ou antécédent d’infection) :

Un soignant avec un schéma vaccinal complet ou ayant contracté la Covid-19 il y a moins de 4 mois, doit réaliser un test antigénique (TAG) le 5e jour après la date du début des symptômes ou la date de prélèvement du test positif en l’absence de symptôme :

  • Si ce test est négatif, la reprise du travail est possible en l’absence de symptômes depuis 48 heures,

  • S’il est positif ou qu’aucun test n’a été réalisé, l’isolement doit être poursuivi jusqu’au 7e jour.

Pour les cas asymptomatiques et peu symptomatiques, une dérogation exceptionnelle et transitoire à l’isolement est possible pour la continuité de service uniquement dans les activités essentielles du secteur sanitaire et médico-social, sous réserve d’un respect strict des mesures barrières (sans participation aux moments collectifs ne permettant pas le port du masque en continu, et avec limitation au maximum des contacts avec les autres professionnels).

Un soignant non vacciné/avec un schéma vaccinal incomplet n’ayant pas contracté la Covid-19 il y a moins de 4 mois, doit réaliser un TAG ou un test RT-PCR le 7e jour après la date du début des symptômes ou après la date de prélèvement du test positif en cas d’absence de symptômes :

  • Si ce test est négatif et en l’absence de symptômes depuis 48 heures, la reprise du travail est possible,

  • S’il est positif ou qu’aucun test n’a été réalisé, l’isolement doit être poursuivi jusqu’au 10e jour. 

Références

Caisse nationale d’assurance maladie. Que se passe-t-il en cas de test positif au Covid-19 ? Et en cas de test négatif ? 11 avril 2022 [En ligne]. Paris: CNAM; 2022. https://www.ameli.fr/assure/covid-19/symptomes-gestes-barrieres-cas-contact-et-isolement/en-cas-de-test-positif-au-covid-19

Ministère des solidarités et de la santé. Les règles d’isolement. Mise à jour 15.06.22 [En ligne]. Paris: Ministère des solidarités et de la santé; 2022. https://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/maladies/maladies-infectieuses/coronavirus/tout-savoir-sur-le-covid-19/isolement-covid-19

Haut conseil de la santé publique. Avis du 11 février 2022 relatif à l’évolution de la doctrine de test et d’isolement des cas et des personnes contact dans le contexte de la décroissance de la diffusion du variant Omicron du virus SARS-CoV-2. Paris: HCSP; 2022. https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/AvisRapportsDomaine?clefr=1150

Haut conseil de la santé publique. Variant Omicron du SARS-CoV-2 : propositions de contact tracing. Courrier au DGS du 31 décembre 2021. Paris: HCSP; 2021. https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/AvisRapportsDomaine?clefr=1136

Ressources :

  1. Fiche prise en charge en ambulatoire

https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/covid-19_fiche_medecin_v16032020finalise.pdf

  1. Avis SFMT/MTPH du 23 mars 2020

http://www.chu-rouen.fr/sfmt/autres/Criteres_evictions_COVID-19_SFMT_23_mars_2020.pdf

  1. HCSP Avis relatif aux critères cliniques de sortie d’isolement des patients ayant été infectés par le SARS-CoV-2 du 16 mars 2020

https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=781

Les professionnels du secteur de la santé (à l’hôpital, en Ehpad, à domicile) ayant développé une forme grave de Covid-19 peuvent bénéficier d’une reconnaissance en maladie professionnelle si leur contamination a eu lieu dans le cadre de leur travail et si celle-ci a entraîné une affection respiratoire avec recours à l’oxygénothérapie ou toute autre forme d’assistance respiratoire, ou bien le décès.

Dans le cas où ces professionnels ont été atteints d’une affection grave autre que respiratoire, leur demande de reconnaissance est préalablement examinée par un comité d’experts médicaux.

Les professionnels de santé libéraux peuvent aussi demander une reconnaissance en maladie professionnelle s’ils ont contracté la Covid-19 dans le cadre de leur travail et si la maladie a entraîné une affection grave. Leur demande est alors examinée par un comité national d’experts.

Il est recommandé de se rapprocher du médecin du travail et/ou du médecin traitant afin notamment de faire constater les lésions et séquelles éventuelles afin de faire les démarches nécessaires à la reconnaissance.

Références

Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. Tableaux des maladies professionnelles. Régime général tableau 100. Affections respiratoires aiguës liées à une infection au SARS-Cov2 [En ligne]. Paris: INRS; 2020. https://www.inrs.fr/publications/bdd/mp/tableau.html?refINRS=RG%20100

Caisse nationale d’assurance maladie. Reconnaissance du Covid-19 en maladie professionnelle : ce qu’il faut savoir, 26 novembre 2021 [En ligne]. Paris: CNAM; 2021.https://www.ameli.fr/professionnel-de-la-lpp/actualites/reconnaissance-du-covid-19-en-maladie-professionnelle-ce-quil-faut-savoir

Direction générale de l’offre de soins. Instruction n° DGOS/RH3/2021/5 du 6 janvier 2021 relative à la reconnaissance des pathologies liées à une infection au SARS-CoV2 dans la fonction publique hospitalière Bulletin Officiel Santé – Protection sociale – Solidarité 2021;2021/2:24-32. https://solidarites-sante.gouv.fr/fichiers/bo/2021/2021.2.sante.pdf

Les études semblent indiquer que la contagiosité débute entre 2 et 3 jours avant l’apparition des symptômes (elle est maximale un jour avant), alors que la charge virale est la plus élevée. Bien que les personnes infectées puissent propager le virus plusieurs jours avant et après l’apparition des symptômes, la transmission se fait généralement au début de la phase symptomatique (avec une charge virale plus élevée dans les expectorations que dans la gorge). La contagiosité est faible au-delà de 7 jours après le début des signes cliniques.

Plusieurs facteurs peuvent cependant intervenir sur la durée de contagiosité :

  • La situation clinique : la charge virale* est généralement plus élevée chez les personnes symptomatiques et les prélèvements des patients atteints de forme grave restent positifs plus longtemps (chez des patients immunodéprimés notamment) ;

  • Le type de variant : certains variants préoccupants présentent une contagiosité plus importante du fait de leurs caractéristiques intrinsèques liées par exemple à leur cinétique d’infection :

    • Pour le variant Delta, l’infectiosité maximale a été estimée légèrement plus longue, avec une charge virale significativement plus élevée, persistant plus longtemps qu’avec la souche de type sauvage (excrétion virale plus importante et plus longue) ;

    • Pour le variant Omicron, une infection préférentielle des voies aériennes supérieures, et des mécanismes d’entrée cellulaire spécifiques sont également rapportés.

  • Le statut vaccinal : en cas d’infection chez une personne vaccinée, la charge virale décroit plus rapidement que chez une personne non vaccinée.

La charge virale peut toutefois varier d’une personne à l’autre, par exemple en fonction de l’âge, et certaines personnes ayant une charge virale élevée peuvent ne pas présenter de symptômes. En effet, même si la plupart des personnes infectées par le SARS-CoV-2 présenteront des symptômes à un moment ou à un autre, il faut souligner que la transmission du virus est tout de même possible en l’absence de symptômes.

Il est rappelé que la pratique de gestes invasifs, par le biais d’aérosolisation du virus, augmente encore le risque de transmission au personnel soignant.

Ainsi, toute personne pour qui un diagnostic certain ou probable d’infection par le SARS-CoV-2 est posé doit être a priori considérée comme contagieuse.

La relation entre la charge virale et la contagiosité n’étant pas parfaitement établie, le maintien des précautions complémentaires vis-à-vis des patients hospitalisés atteint de Covid-19 dépend de la présence de symptômes, de la présence d’une éventuelle immunodépression ou formes graves.

Estimation de la charge virale* : notion de valeur de cycle seuil ou Ct

Les tests RT-PCR (Retro Transcription Polymerase Chain Reaction) permettent de détecter l’acide ribonucléique (ARN) du SARS-CoV-2 après plusieurs cycles d’amplification. La valeur dite de cycle seuil, ou valeur Ct, correspond au nombre de cycles d’amplification requis pour générer suffisamment de copies d’ARN viral pour que celui-ci puisse être détecté. Ainsi plus la quantité d’ARN dans l’échantillon du patient est grande, moins il faut effectuer de cycles pour que le signal soit détectable (la valeur Ct est alors dite « faible »). En contrepartie, si l’échantillon clinique contient peu d’ARN, un plus grand nombre de cycles est requis.

Une valeur Ct faible correspond donc à une charge virale élevée, alors qu’une valeur Ct élevée correspond à une charge virale faible.

A titre indicatif, si la valeur de Ct est :

– Ct < 23, la présence d’ARN viral détecté est compatible avec une forte excrétion virale ;

– 23 < Ct ≤ 33, la présence d’ARN viral détecté est compatible avec une excrétion virale significative ;

– Ct > 33, la présence d’ARN viral détecté est compatible avec une excrétion virale modérée voire très faible.

La valeur Ct doit être interprétée avec précautions et doit prendre en compte le stade de l’infection, le type et la quantité d’échantillon. Il n’est pas prouvé qu’une valeur Ct élevée suffise à déclarer une personne comme non contagieuse ; elle indique seulement qu’il est moins probable que le patient soit contagieux.

Références

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Société française de microbiologie. Avis du 25 septembre 2020 de la Société Française de Microbiologie (SFM) relatif à l’interprétation de la valeur de Ct (estimation de la charge virale) obtenue en cas de RT-PCR SARS-CoV-2 positive sur les prélèvements cliniques réalisés à des fins diagnostiques ou de dépistage. Version 4 _ 14/01/2021 mise à jour. Paris: SFM; 2021. https://www.sfm-microbiologie.org/wp-content/uploads/2021/01/Avis-SFM-valeur-Ct-excre%CC%81tion-virale-_-Version-def-14012021_V4.pdf

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  2. To KK, Tsang OT, Leung WS, Tam AR, Wu TC, Lung DC et al. Temporal profiles of viral load in posterior oropharyngeal saliva samples and serum antibody responses during infection by SARS-CoV-2: an observational cohort study. Lancet Infect Dis. 2020 Mar 23.. doi: 10.1016/S1473-3099(20)30196-1

Les masque à usage médical ou masque chirurgical, filtrent les gouttelettes (de 3 μm) et protègent de la projection sur les muqueuses du nez et de la bouche. Des études montrent que portés par les patients, ils préviennent la projection des gouttelettes, et donc la contamination de l’entourage et de l’environnement. Des études expérimentales sur l’efficacité de filtration montrent que la contamination est nettement diminuée lorsque la personne malade et la personne exposée portent un masque.

Les appareils de protection respiratoire de type masques FFP2 (conformes à la norme européenne EN 149)sont conçus pour filtrer des particules de plus petite taille (≥ 0,6 µm) et pour protéger des gouttelettes et aérosols liés à la respiration.

Des études expérimentales montrent une supériorité de filtration des appareils de protection respiratoire de type FFP2 vis-à-vis des aérosols par rapport aux masques chirurgicaux, mais les études comparant dans un contexte de soins leur efficacité respective quant à la prévention de la transmission du SARS-CoV-2 restent très limitées.

Une étude montre également l’importance de l’ajustement au niveau du visage, ce qui permet de rendre plus efficace la protection apportée par tous les masques, y compris chirurgicaux.

Ainsi, pour garantir l’efficacité des différents types de masque, il est nécessaire de s’informer sur leurs caractéristiques, leurs performances (durée de port maximale notamment), et de se former à leur manipulation/élimination et à un ajustement correct au visage.

Les masques en tissu ou dit « grand public » n’ont pas une capacité de filtration suffisante et ne sont pas recommandés pour les soignants (consulter la rubrique « port de masque » ).

Aucune donnée relative à la transmissibilité accrue d’Omicron ne permet de modifier le choix du type masque étayé selon les situations décrites ci-dessus.

Le port du masque par le soignant et la personne infectée permet de prévenir la transmission du SARS-CoV-2, quel que soit le variant. Il est recommandé de de se former à leur manipulation/élimination et à un ajustement correct au visage afin de garantir leur efficacité.

Références

Société française d’hygiène hospitalière. Note relative à la protection des patients et des professionnels en contexte COVID-19. Version du 05/04/2022. Bordeaux: SF2H; 2022. https://www.sf2h.net/wp-content/uploads/2022/04/2022_04-SF2H-NotePS_contexte-COVID_maj_modifapparentes.pdf

Haut conseil de la santé publique. Avis du 07 janvier 2022 relatif au port des appareils de protection respiratoire de type FFP2 par les professionnels de santé dans le cadre de la lutte contre la propagation du virus SARS-CoV-2. Paris: HCSP; 2022. https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/AvisRapportsDomaine?clefr=1148

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  3. Consulter la rubrique « Port de masques »

Étant donné que les surfaces autour de patients atteints de Covid-19 peuvent être contaminées par du virus viable, il est nécessaire d’assurer un nettoyage et/ou une désinfection de l’environnement proche du patient (table de chevet, adaptable, lit…), des surfaces fréquemment utilisées (poignées de porte, sanitaires…) ainsi que des locaux (sols, surfaces) (cf. Question : Combien de temps le virus reste-t-il actif sur les surfaces inertes ?).

L’exemple de Taiwan pendant l’épidémie de SARS-CoV-1 a permis de démontrer l’efficacité de la combinaison des mesures de précaution (maîtrise de la circulation des patients associée aux précautions contact et au port de masque) : appliquées strictement, elles ont permis d’éviter toute transmission au personnel soignant dans l’établissement testé, alors que de nombreux cas étaient à déplorer dans les autres établissements où les mesures étaient moins strictes.

De nombreuses revues systématiques de la littérature ont conclu à l’efficacité du port :

  • De protections oculaires (lunettes/visière de protection) spécifiquement vis-à-vis du risque d’infection par le SARS-CoV-2 (5 études observationnelles) ;

  • De masques et de protections oculaires contre les aérosols générés par des personnes malades dans des environnements clos (salles d’attente, salles d’examens) en extrapolant leurs résultats à la Covid-19, mais il faut souligner que les résultats sont influencés par la ventilation, le nombre de personnes et la durée de séjour dans l’environnement, la distance entre la source et la personne exposée, et par le niveau de filtration et l’étanchéité du masque ;

  • Des équipements de protection individuelle, de façon combinée : masques, protections oculaires, tabliers plastique jetables/surblouses à usage unique (Consulter la rubrique « port d’une surblouse »)

Le port des gants à usage unique est cependant plus contesté car il réduit le recours à la désinfection des mains, et contribue à augmenter les risques d’auto-contamination, de transmission croisée et décontamination de l’environnement. L’indication du port de gants est limitée au risque de contact avec du sang ou des liquides biologiques, au contact avec une muqueuse, au contact avec la peau lésée (ou dès lors que les soignants présentent des lésions cutanées aux mains).

L’utilisation des équipements de protection individuelle nécessite une formation pour éviter tout risque de contamination lors de leur retrait, et elle doit être impérativement associée à une observance stricte de l’hygiène des mains.

Il faut souligner que les études ayant évalué le risque d’infection par le SARS-CoV-2 ont été réalisées avant que les soignants aient été vaccinés, et avant l’apparition de nouveaux variants, suggérant une variation du risque d’exposition.

La transmission du SARS-CoV-2 étant principalement aéroportée et manuportée, il est recommandé d’appliquer des précautions « contact », en complément des précautions standards et des précautions « air ou gouttelettes » face à tout patient pour qui un diagnostic certain ou probable d’infection par le SARS-CoV-2 est posé.

Références

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Miranda de Araujo C, Guariza-Filho O, Magno Gonçalves F, Bittencourt Basso I, Deliga Schroder AG, Cavalcante-Leão BL, et al. Front lines of the COVID-19 pandemic: what is the effectiveness of using personal protective equipment in health service environments? A systematic review. Int Arch Occup Environ Health 2022;95(1):7-24. http://dx.doi.org/10.1007/s00420-021-01775-y

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Feldman O, Meir M, Shavit D, Idelman R, Shavit I. Exposure to a surrogate measure of contamination from simulated patients by emergency department personnel wearing personal protective equipment [letter]. JAMA 2020;323(20):2091-3. http://dx.doi.org/10.1001/jama.2020.6633

Société française d’hygiène hospitalière. Note relative à la protection des patients et des professionnels en contexte COVID-19. Version du 05/04/2022. Bordeaux: SF2H; 2022. https://www.sf2h.net/wp-content/uploads/2022/04/2022_04-SF2H-NotePS_contexte-COVID_maj_modifapparentes.pdf

  1. Van Doremalen N, Bushmaker T, Morris DH, Holbrook MG, Gamble A, Williamson BN et al. Aerosol and Surface Stability of SARS-CoV-2 as Compared with SARS-CoV-1. N Engl J Med. 2020 Mar 17. doi: 10.1056/NEJMc2004973.

  2. WHO. Rational use of personal protective equipment for coronavirus disease (covid-19). 19 March 2020.

  3. Schwartz J, King CC, Yen MY. Protecting Health Care Workers during the COVID-19 Coronavirus Outbreak -Lessons from Taiwan’s SARS response. Clin Infect Dis. 2020 Mar 12. doi: 10.1093/cid/ciaa255.

EPI recommandés en fonction des patients suspects/.confirmés COVID-19

Lorsqu’un soignant contracte la COVID-19, le risque de transmission à un proche ou à un patient non infecté existe et le soignant se trouve dans la même situation qu’un patient (1). Pour limiter la transmission, un arrêt maladie est nécessaire ainsi que le port d’un masque pour le soignant son entourage et le confinement au domicile. En raison d’un portage asymptomatique possible de la maladie, il est important que les soignants se protègent au mieux lorsqu’ils sont amenés à prendre en charge des patients atteints de Covid-19 sur leur lieu de travail.

Lorsqu’un soignant contracte la Covid-19, le risque de transmission à un proche ou à un patient non infecté existe et le soignant se trouve dans la même situation qu’un patient. Pour limiter la transmission, un arrêt maladie est nécessaire avec confinement au domicile, ainsi que le port d’un masque pour le soignant et son entourage. Pour les cas asymptomatiques et peu symptomatiques, une dérogation exceptionnelle et transitoire à l’isolement est possible pour la continuité de service uniquement dans les activités essentielles du secteur sanitaire et médico-social, sous réserve d’un respect strict des mesures barrières.

Des études ont montré que les soignants vaccinés étaient moins susceptibles de transmettre le SARS-CoV-2 dans leur foyer, et qu’inversement ils étaient moins susceptibles de contracter la Covid-19 via un membre de leur famille.

Il est à noter qu’une étude anglaise a permis d’observer une transmission intra familiale plus importante pour le variant Omicron que le variant Delta.

En raison d’un portage asymptomatique possible de la maladie, il est important que les soignants, même vaccinés, se protègent au mieux lorsqu’ils sont amenés à prendre en charge des patients atteints de Covid-19 sur leur lieu de travail.

Références

Chan JF, Yuan S, Kok KH, To KK, Chu H, Yang J, et al. A familial cluster of pneumonia associated with the 2019 novel coronavirus indicating person-to-person transmission: a study of a family cluster. Lancet 2020;395(10223):514-23. http://dx.doi.org/10.1016/s0140-6736(20)30154-9

Rivett L, Sridhar S, Sparkes D, Routledge M, Jones NK, Forrest S, et al. Screening of healthcare workers for SARS-CoV-2 highlights the role of asymptomatic carriage in COVID-19 transmission. eLife 2020;9:e58728. http://dx.doi.org/10.7554/eLife.58728

UK Health Security Agency. SARS-CoV-2 variants of concern and variants under investigation in England. Technical briefing: update on hospitalisation and vaccine effectiveness for Omicron VOC-21NOV-01 (B.1.1.529), 31 december 2021. London: UKHSA; 2021. https://assets.publishing.service.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/1044481/Technical-Briefing-31-Dec-2021-Omicron_severity_update.pdf

Shah AS, Gribben C, Bishop J, Hanlon P, Caldwell D, Wood R, et al. Effect of vaccination on transmission of SARS-CoV-2 [letter]. N Engl J Med 2021;385(18):1718-20. http://dx.doi.org/10.1056/NEJMc2106757

Passaretti CL, Priem JS, Agner TG, McCurdy L. Reducing the rates of household transmission: the impact of COVID-19 vaccination in healthcare workers with a known household exposure. Vaccine 2022;40(9):1213-4. http://dx.doi.org/10.1016/j.vaccine.2022.01.020

Özüdoğru O, Acer Ö, Genç Bahçe Y. Risks of catching COVID-19 according to vaccination status of healthcare workers during the SARS-CoV-2 Delta variant dominant period and their clinical characteristics. J Med Virol 2022;94(8):3706-13. http://dx.doi.org/10.1002/jmv.27778

Layan M, Gilboa M, Gonen T, Goldenfeld M, Meltzer L, Andronico A, et al. Impact of BNT162b2 vaccination and isolation on SARS-CoV-2 transmission in Israeli households: an observational study. Am J Epidemiol 2022:kwac042. http://dx.doi.org/10.1093/aje/kwac042

Début 2021, l’état de santé psychique des travailleurs s’est fortement dégradé, avec un doublement du risque dépressif et une forte détérioration de la santé perçue, et ce d’autant plus que leurs conditions de travail ont été impactées par la crise sanitaire.

Au cours des vagues successives de la pandémie de Covid-19, les soignants ont tout particulièrement été soumis à de multiples facteurs stressants voire traumatisants qui les ont exposés à un risque majoré d’anxiété et d’épuisement, pouvant générer un état de souffrance psychique, voire des symptômes dépressifs ou encore un trouble de stress post-traumatique pendant et dans les suites de la crise sanitaire.

Les risques psychologiques chez les professionnels de santé peuvent affecter leur attention, leur compréhension et prise de décision.

Une revue (1) a confirmé que la santé mentale et le bien-être des professionnels de santé pouvaient être affectés par le contact régulier avec des patients atteints du Covid-19, les obstacles perçus à leur travail, le manque de soutien organisationnel, le redéploiement forcé à des postes plus exposés, le manque de confiance dans les mesures de protection et le travail infirmier.

Dans un contexte prolongé de pandémie, au-delà de la fatigue, l’OMS (2) relate également d’autres risques pouvant toucher les professionnels de santé, tels que la stigmatisation, la discrimination, la violence physique et psychologique, ainsi que le harcèlement.

Références

1.DARES. Quelles conséquences de la crise sanitaire sur les conditions de travail et les risques pyscho-sociaux ? Mai 2021. https://dares.travail-emploi.gouv.fr/dossier/covid-19-quelles-consequences-sur-les-conditions-de-travail-et-les-risques-psycho-sociaux#:~:text=D%C3%A9but%202021%2C%20l’%C3%A9tat%20de,impact%C3%A9es%20par%20la%20crise%20sanitaire.

2. Kisely S, Warren N, McMahon L, Dalais C, Henry I, Siskind D. Occurrence, prevention, and management of the psychological effects of emerging virus outbreaks on healthcare workers: rapid review and meta-analysis. BMJ 2020;369:m1642. https://doi.org/10.1136/bmj.m1642

WHO, Occupational health and safety for health workers. Interim guidance. 2 February 2021

Des mesures, établies sur suggestions des soignants, avaient été proposées dans une étude chinoise : lieu de repos pour le personnel, mise à disposition de repas, formation pour la prise en charge psychologique des patients atteints de Covid-19, instauration d’activités de loisir sur place et présence de psychologues régulièrement sur place dans le lieu de repos (3).

Une surveillance psychologique et une prise en charge rapide et adaptée est nécessaire dès que des symptômes se font sentir.

Selon l’OMS (2), il est indispensable :

  • D’assurer la disponibilité et de faciliter l’accès à des services de santé mentale et de soutien psychosocial dédiés aux professionnels de santé ;
  • De sensibiliser au dépistage et à la gestion précoce et confidentielle de l’anxiété, de la dépression et d’autres problèmes de santé mentale, et de lancer des stratégies de soutien psychosocial et des interventions de première ligne ;
  • De promouvoir une culture de prévention en santé mentale chez les professionnels de santé et les gestionnaires de la santé ;
  • De veiller à ce que les professionnels de santé qui ont des problèmes de santé mentale et qui demandent de l’aide puissent retourner au travail sans être stigmatisés ou victimes de discrimination.

Une revue de la littérature (4) a répertorié différents protocoles expérimentés dans différents pays (Etats-Unis, Italie, Chine, Malaysie) dont un en France rapportant l’expérience de la « bulle » à Port Royal : lieu d’accueil chaleureux, favorisant l’écoute et le soutien empathique, combiné à une mise à disposition d’activités physiques (massothérapie, pilates etc.) au sein de l’hôpital, de neuf heures du matin à neuf heures du soir toute la semaine.

 

En cas de souffrance nécessitant une prise en charge, il est très important de savoir passer le relais et d’informer les personnes concernées sur les ressources disponibles (plateformes téléphoniques, services de santé au travail, médecin traitant/généraliste, professionnels de la psychiatrie et de la santé mentale : équipes de psychiatrie, psychiatres libéraux, psychologues libéraux), les orienter et les accompagner si elles le souhaitent. En France, plusieurs services d’accompagnement psychologique sont disponibles, dont certains 24h/24 et 7j/7, pour répondre à toute demande de l’ensemble des soignants. (Cf. Encadré).

Références

1.DARES. Quelles conséquences de la crise sanitaire sur les conditions de travail et les risques pyscho-sociaux ? Mai 2021. https://dares.travail-emploi.gouv.fr/dossier/covid-19-quelles-consequences-sur-les-conditions-de-travail-et-les-risques-psycho-sociaux#:~:text=D%C3%A9but%202021%2C%20l’%C3%A9tat%20de,impact%C3%A9es%20par%20la%20crise%20sanitaire.

2. Kisely S, Warren N, McMahon L, Dalais C, Henry I, Siskind D. Occurrence, prevention, and management of the psychological effects of emerging virus outbreaks on healthcare workers: rapid review and meta-analysis. BMJ 2020;369:m1642. https://doi.org/10.1136/bmj.m1642

WHO, Occupational health and safety for health workers. Interim guidance. 2 February 2021

3. Chen Q, Liang M, Li Y, Guo J, Fei D, Wang L et al. Mental health care for medical staff in China during the COVID-19 outbreak. Lancet Psychiatry. 2020 Apr;7(4):e15-e16. doi: 10.1016/S2215-0366(20)30078-X https://www.thelancet.com/journals/lanpsy/article/PIIS2215-0366(20)30078-X/fulltext

4. Buselli et al . Mental health of Health Care Workers (HCWs): a review of organizational interventions put in place by local institutions to cope with new psychosocial challenges resulting from COVID-19. Psychiatry Research. Vol 299, may 2021.

5. Haute Autorité de santé. Réponse rapide dans le cadre du COVID-19 – Souffrance des professionnels du monde de la santé : prévenir, repérer, orienter.

https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2020-05/rr_souffrance_des_professionnels_du_monde_la_sante_version_cd_vdef_dlg_mel.pdf

Autres sources :

Plateformes Accompagnement psycholoqique Public cible

ou Ressources

Disponibilité Coordonnées de contact
Conseil national de l’ordre des médecins Pour l’ensemble des professionnels de santé 24h/24 et 7j/7 0800 288 038
Les différents ordres des professionnels de santé Pour l’ensemble des professionnels de santé 24h/24 et 7j/7 0800 800 854
Ministère des solidarités et de la Santé Pour l’ensemble des professionnels de santé

(https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/plateforme-soutien-medico-psychologique-professionnels-covid-19.pdf)

7j/7, de 8H00 à 24H00 0800 730 958
Association des directeurs d’hôpitaux Pour les directeurs d’hôpital, directeurs d’établissement sanitaire social et médico-social et directeurs des soins 24h/24 et 7j/7 0800 203 007
Service d’entraide et de soutien psychologique de la Croix Rouge française Pour l’ensemble des professionnels de santé 7j/7, de 10h à 22h en semaine, de 12h à 18h le week-end. 09 70 28 30 00

0800 858 858

Association «Psychologues bénévoles » Pour l’ensemble des professionnels de santé 24h/24 et 7j/7 https://psychologues-solidaires.fr/
Association SPS (Soins aux professionnels de santé) Pour l’ensemble des professionnels de santé 24h/24 et 7j/7 https://www.asso-sps.fr/

0805 232 336

Application mobile (Asso SPS)

Psychiatre solidarité Annuaire de l’ensemble des professionnels psychiatres ou médecins pouvant assurer une prise en charge psychologique via la téléconsultation Site internet http://psy-solidaires-covid.org/

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