Avertissement : Compte tenu  de l’apport de nouvelles données, d’études et de travaux de recherche, certaines informations  peuvent être amenées à évoluer

Généralités sur la maladie

Le SARS-CoV-2, responsable de la maladie appelée Covid-19, a été découvert en Chine dans la ville de Wuhan, province de Hubei, en décembre 2019. Les coronavirus sont une grande famille de virus couramment présents chez les chauves-souris et chez d’autres animaux. Occasionnellement ces virus infectent des êtres humains (zoonose) qui peuvent à leur tour propager l’infection. Les sources animales éventuelles de la Covid-19 n’ont pas encore été identifiées.
Cette maladie contagieuse s’est par la suite rapidement propagée à travers le monde, pour atteindre aujourd’hui l’état de pandémie, c’est à dire une épidémie mondiale.

En avril 2020, le nombre de cas de Covid-19 a connu une croissance rapide dans le monde entier, en dehors des premiers pays asiatiques touchés où l’épidémie a été maîtrisée localement. L’Amérique du Sud .

Le 5  juin 2020, le total  cumulé,au niveau mondial, de personnes diagnostiquées positives était de 6 682 531,  le nombre réel de personnes infectées étant probablement bien supérieur.  L’épidémie qui semble maîtrisée en Europe, se développe rapidement en Amérique du Sud  et la courbe monde du nombre de nouveaux cas journaliers (Université John Hopkins) tend à augmenter, avec actuellement plus de 100 000 cas supplémentaires/jour

Pour en savoir plus consulter la carte interactive (1).

  • Au moment de la contamination, le virus se multiplie fortement dans l’organisme. Il s’agit de la phase d’incubation, au cours de laquelle le sujet atteint excrète déjà du virus et est potentiellement contagieux, mais ne présente pas de symptômes. Cette phase peut durer jusqu’à 14 jours, avec une durée moyenne de 5 jours (1).
  • Après la période d’incubation, le sujet développe des symptômes qui sont extrêmement variables d’une personne à une autre : symptômes bénins dans 85% des cas (asymptomatique ou peu symptômes peu sévères), ou symptômes sévères dans 15% des situations. (2) Les symptômes sont la fièvre, la fatigue, la toux sèche, mais aussi les courbatures, les signes ORL (mal de gorge, rhinorrhée), les céphalées. Des signes digestifs sont également possibles, et des tableaux d’allure neurologique avec anosmie et agueusie ont été décrits plus récemment. (3 ,4)
  • Les symptômes, s’ils sont présents, persistent en moyenne 10 jours (3).
  • Les taux bruts de mortalité sont extrêmement variables d’un pays à l’autre, mais ils dépendent à la fois de la période, précoce ou tardive, à laquelle l’épidémie a été détectée, de la disponibilité des tests du virus, et des capacités de traitement des formes les plus graves. Ainsi le taux initialement observé en Allemagne (0,2%), pays où la détection a été précoce et où les kits diagnostics ont été rapidement largement disponibles, se situe actuellement à 1,5%, un chiffre proche de ceux observés dans les pays d’Asie, ou il s’est stabilisé et peut donc servir de référence. En revanche, dans des pays comme l’Espagne, l’Italie, ou la France, ce taux se situe encore autour de 10% (5). Il devrait donc se rapprocher du chiffre allemand ou asiatique en fonction de l’évolution de l’épidémie. C’est également le cas en France, où en raison du manque actuel de réactifs permettant d’effectuer les tests de diagnostic par PCR, les indications de ces tests se limitent actuellement aux seules personnes hospitalisées pour des formes graves, et aux soignants symptomatiques.
  1. Qun Li, M.Med., Xuhua Guan, Ph.D., Peng Wu, Ph.D., Xiaoye Wang, M.P.H., Lei Zhou, M.Med., Yeqing Tong, Ph.D. et al. Early Transmission Dynamics in Wuhan, China, of Novel Coronavirus-Infected Pneumonia. N Engl J Med. 2020 Mar 26;382(13)
  2. Mizumoto K, Kagaya K, Zarebski A, Chowell G.Estimating the asymptomatic proportion of coronavirus disease 2019 (COVID-19) cases on board the Diamond Princess cruise ship, Yokohama, Japan, 2020. Euro Surveill. 2020 Mar;25(10).
  3. Guan WJ, Ni ZY, Hu Y, Liang WH, Ou CQ, He JX et al. Clinical Characteristics of Coronavirus Disease 2019 in China. N Engl J Med. 2020 Feb 28. doi: 10.1056/NEJMoa2002032.
  4. Vaira LA, Salzano G, Deiana G, De Riu G. Anosmia and ageusia: common findings in COVID-19 patients. Laryngoscope. 2020 Apr 1. doi: 10.1002/lary.28692
  5. Disponible sur : https://gisanddata.maps.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/bda7594740fd40299423467b48e9ecf6
  • La période de contagiosité s’étend de la phase d’incubation jusqu’à 14 jours après le début des symptômes (et après disparition des symptômes).
  • R0 : L’épidémie en cours depuis décembre 2019 a démontré la capacité de transmission interhumaine du virus avec un R0, à savoir le nombre moyen de cas secondaires survenant à partir d’un cas index, estimé entre 2 et 3 dans les analyses les plus récentes (1). Ce chiffre place cette pathologie au même niveau de contagiosité que le SRAS. Il faut garder à l’esprit que ce chiffre est une moyenne, et que, comme pour le SRAS, des évènements de diffusion massive peuvent s’observer si des personnes infectées se trouvent durablement en contact avec d’autres sans protection, en particulier dans les situations de confinement en milieu clos (bateaux de croisière, unités de soins pour personnes âgées)
  1. Liu Y, Gayle AA, Wilder-Smith A, Rocklöv J.The reproductive number of COVID-19 is higher compared to SARS coronavirus. J Travel Med. 2020 Mar 13;27(2). doi: 10.1093/jtm/taaa021.

c’est un domaine en évolution très rapide.

  • le diagnostic se fait aujourd’hui par technique de biologie moléculaire, sur un prélèvement oro-pharyngé ou respiratoire. Le test repose sur l’identification de l’ARN viral par Reverse Transcriptase Polymerase Chain Reaction (RT-PCR). Ce test met en évidence la présence du virus dans l’organisme et permet donc de diagnostiquer la maladie à sa phase aiguë, puis se négative lorsque le virus ne se multiplie plus.
  • Des travaux, qui ont déjà abouti dans plusieurs pays, sont en cours pour permettre un diagnostic de la présence de l’antigène viral plus rapide, plus simple, et moins coûteux que le dépistage par biologie moléculaire.
  • D’autres travaux sont en cours pour valider des tests de dépistage par sérologie, donc par mesure des anticorps développés par le patient. Les différents anticorps sont les IgM, fabriqués à la phase aiguë de la maladie qui disparaissent après la guérison, et les IgG, fabriqués plus tardivement mais qui resteront présents dans l’organisme à long terme (1). Cette technique, déjà utilisée en Corée du Sud, devrait permettre de dépister rétrospectivement les individus ayant contracté la maladie. Ces tests pourront également permettre de mesurer le degré d’immunisation d’une population (2).
  1. Disponible sur : https://www.ecdc.europa.eu/sites/default/files/documents/Overview-rapid-test-situation-for-COVID-19-diagnosis-EU-EEA.pdf
  2. To KK, Tsang OT, Leung WS, Tam AR, Wu TC, Lung DC et al. Temporal profiles of viral load in posterior oropharyngeal saliva samples and serum antibody responses during infection by SARS-CoV-2: an observational cohort study. Lancet Infect Dis. 2020 Mar 23.. doi: 10.1016/S1473-3099(20)30196-1

De nombreuses études sont en cours mais il n’existe aujourd’hui aucun traitement ayant prouvé son efficacité contre le SARS-CoV-2. Compte tenu de l’évolution spontanée vers la guérison de plus de 80% des patients, des essais contrôlés avec des critères d’inclusion précis sont nécessaires pour déterminer l’intérêt des traitements potentiels. A titre d’exemple, un essai clinique à l’échelle européenne évalue actuellement l’efficacité de différents traitements : remdesivir, lopinavir/ritonavir, lopinavir/ritonavir en association avec interféron beta, et hydroxy-chloroquine. D’autres molécules comme le Tocilizumab sont également en cours d’évaluation. L’immunisation passive (serum de convalescent) fait aussi l’objet d’essais.

  • Pour les patients présentant des symptômes bénins pris en charge en ville, seul un traitement symptomatique est actuellement recommandé.
  • Pour les patients hospitalisés en hospitalisation conventionnelle, un traitement symptomatique est également recommandé. Un traitement antibiotique peut être associé en fonction du contexte clinique. Un traitement compassionnel par Lopinavir/Ritonavir ou Hydroxychloroquine peut être discuté
  • Pour les patients hospitalisés en réanimation, un traitement antibiotique à large spectre, en association à un traitement spécifique par Remdesivir, voire par Hydroxychloroquine ou Lopinavir/Ritonavir, est souvent proposé, dans l’hypothèse de leur efficacité. Les corticoïdes seront proposés en cas de SDRA (1).
  • L’évolution de la Covid-19 pour un malade donné est relativement imprévisible et contribue à sa difficulté de prise en charge. Il est aujourd’hui certain que l’âge et les pathologies cardio-respiratoires assombrissent le pronostic de la maladie, mais des formes sévères peuvent apparaître avec une fréquence non négligeable chez les plus de trente ans. De manière générale, la maladie reste bénigne dans 85% des cas. Dans 15% des cas, elle nécessité une prise en charge spécifique notamment en raison de besoins en oxygène. Dans 5% des cas, une hospitalisation en unité de soins intensifs est nécessaire (1, 2). Ces chiffres sont à moduler en fonction de l’âge et des comorbidités du sujet.
  • La mortalité est également très variable en fonction de ces paramètres : elle est très faible chez les moins de 30 ans, et augmente a 20% chez les plus de 80 ans.
  1. Guan WJ, Ni ZY, Hu Y, Liang WH, Ou CQ, He JX et al. Clinical Characteristics of Coronavirus Disease 2019 in China. N Engl J Med. 2020 Feb 28. doi: 10.1056/NEJMoa2002032.
  2. Mizumoto K, Kagaya K, Zarebski A, Chowell G.Estimating the asymptomatic proportion of coronavirus disease 2019 (COVID-19) cases on board the Diamond Princess cruise ship, Yokohama, Japan, 2020. Euro Surveill. 2020 Mar;25(10). doi: 10.2807/1560-7917

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