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LA CHIMIOPROPHYLAXIE POST-AES
La chimioprophylaxie antirétrovirale après AES est
un traitement visant à prévenir la contamination par le VIH. Elle permet
de diminuer les risques de contamination mais son efficacité n'est pas
de 100% . Elle est d'autant plus efficace qu'elle est instituée précocement.
L'indication et le type de traitement sont déterminés au cas par cas.
La circulaire du 13 mars 2008 défini les objectifs et l'organisation du dispositif de mise en oeuvre des recommandations de traitement post exposition (TPE), la prise en charge et la prévention des situations d'expositionau risque viral.
Circulaire n° DGS/RI2/DHOS/DGT/DSS/2008/91 du 13 mars 2008 relative aux recommandations
de prise en charge des personnes exposées à un risque de transmission du virus de l’immunodéficience humaine (VIH).
Rapport 2008 : Prise en charge des situations d'exposition au risque viral -recommandations
du groupe d'experts
- chapitre 18 : en ligne sur le site du ministère
La chimio post-AES
Ce traitement doit être instauré dans les 4
heures suivant l'AES, au plus tard
dans les 48 heures.
Par
un médecin référent ou par un médecin urgentiste.
Il
associe en général : 2 inhibiteurs nucléosidiques
de la transcriptase inverse
et 1 antiprotéase.
En dehors d'un avis spécialisé, certains médicaments
sont à
éviter.
En cas de résistance et selon
l'état du patient source et du sujet exposé, d'autres protocoles
peuvent être indiqués.
Il
est réévalué par un
médecin référent s' il a été initié
dans l'urgence.
Durée
du traitement : 4 semaines sous surveillance médicale.
La
déclaration d'accident du travail est faite par le soignant auprès
de son employeur.
Le
suivi sérologique peut être assuré par le médecin
du travail de l'établissement.
La
chimioprophylaxie est gratuite et accessible à tous.
Expositions professionnelles
Grille d'aide à la décision thérapeutique
(extrait du rapport 2008)
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Risque et nature de l'exposition |
Statut
VIH de la source |
Positif
|
Inconnu
|
Risque important :
Piqûre profondee, aiguille creuse,dispositif inra-vasculaire
(artériel ou veineux |
Prophylaxie
recommandée |
Prophylaxie recommandée
si arguments épidémiologiques (1) |
| Rique intermédiaire :
- coupure avec bistouri
- piqûre avec aiguille IM ou SC
- piqûre avec aiguille pleine
- exposition cutanéo-muqueuse avec temps de contact supérieur à 15 minutes
|
Prophylaxie
recommandée(2) |
Prophylaxie
non recommandée |
| Risque minime
:
- autres cas
-piqûre avec seringue abandonée
-crachats, morsures ou griffures |
Prophylaxie
non recommandée. |
Prophylaxie
non recommandée |
(1) Prophylaxie recommandée uniquement si personne source ou situation reconnue à risque, c’est-à-dire :
– une personne usagère de drogue par voie intraveineuse ;
– une personne présentant ou ayant présentée une IST ulcérante au cours de sa vie ;
– un homme ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes ;
– une personne issue des communautés africaines subsahariennes ;
– une personne hétérosexuelle ayant des rapports sexuels non protégés avec des partenaires occasionnels de statut sérologique inconnu.
(2) Accident avec exposition au sang d’un patient connu pour être infecté par le VIH, suivi, traité, indétectable depuis plusieurs mois et dont la charge virale a pu être recontrôlée juste après l’accident et s’avère toujours indétectable : dans ce cas particulier, lorsque le référent revoit la personne exposée, 48 à 96 heures après l’instauration du TPE, le TPE pourra être interrompu.
Dans les autres cas d’exposition, les experts considèrent que le rapport bénéfices/risques d’un TPE est insuffisant.
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Suivi biologique de la personne exposées aux VIH, VHC et VHB (d'après le rapport 2008)
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AES traité |
AES non traité |
J0 |
NFS, ALAT, lipase,créatinine,
test de grossesse
Sérologie VIH, VHC,
AC antiHBs si vacciné sans taux connu |
Sérologie VIH, VHC + ALAT,
AC antiHBs si vacciné sans taux connu |
J15 |
NFS, ALAT, créatinine si ténofovir,
PCR VHC si PCR positive chez le sujet source |
PCR VHC si PCR positive chez le sujet
source |
J30 |
NFS,
ALAT, sérologie VHC si risque VHC |
sérologie VIH, ALAT,
+ sérologie VHC |
M2 |
sérologie VIH |
Pas de bilan bio |
M3 |
|
sérologie VIH
sérologie VHC et ALAT |
M4 |
sérologie VIH,
sérologie VHC et ALAT si risque VHC |
Pas de bilan bio |
M6 |
sérologie VHC et ALAT,
anti-HBc si non-répondeur ou non-vacciné |
sérologie VHC et ALAT,
anti-HBc si non-répondeur ou non-vacciné |
NB : en cas d'apparition de symptômes évocateurs d'une primo-infection par le VIH, il est recommandé de faire pratiquer une sérologie VIH, quelle que soit la date.
Références bibliographiques
Circulaire n° DGS/RI2/DHOS/DGT/DSS/2008/91 du 13 mars 2008 relative aux recommandations de prise en charge des personnes exposées à un risque de transmission
du virus de l’immunodéficience humaine (VIH).
Prise en charge des personnes infectées par le VIH, recommandations du groupe d'experts
sous la direction du Pr P. Yeni: rapport 2008.
Arrêté du 1er août 2007 fixant les modalités de suivi sérologique des personnes victimes
d'accidents du travail entraînant un risque de contamination par le virus de l'immunodéficience
humaine , sur le site de Légifrance
Rapport
du Conseil National du SIDA 12 octobre 2000. Le depistage en milieu
hospitalier
en situation d'accident avec exposition au
sang (AES) et d'impossibilité pour le patient
de répondre à une proposition
de test.
BEH
n°36/2002 : évaluation de la prise en charge thérapeutique
des expositions au VIH,
juillet 1999-décembre 2001
Circulaire
DGS/DHOS/DRT/DSS n°2003/165 du 2 avril 2003 relative aux recommandations
de mise en oeuvre d'un traitement antirétroviral
après exposition au risque de transmission
du VIH - format
pdf -215 Ko.
Circulaire
DGS/VS2/DH/DRT n° 99/680 du 8 décembre 1999 relative aux
recommandations
à mettre en oeuvre devant un risque
de transmission du VHB et du VHC par le sang
et les liquides biologiques
Les
articles : Accidents avec exposition au sang. Prise en charge des professionnels
de santé. I et II. Le Concours Médical
122 : 471-478 et 539-544 -année 2000
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